05/02/2018

Dilemme energétique

Le problème de la gestion de l'énergie sur cette terre est inextricable. Qu'il s'agisse des énergies fossiles, du nucléaire, de l'hydraulique, de l'éolien, du photovoltaïque, de l'hydrogène, on touche aux limites de ce qui est possible aujourd'hui.


La question du carburant diesel est celle qui se pose avec le plus d'acuité aujourd'hui. Les constructeurs automobiles allemands (mais peut-être que d'autres suivront) ont à nouveau été pris en faute pour avoir effectué des tests de gaz d'échappement de moteurs diesel sur des primates et m'eme sur des humains. L'enjeu: parvenir à déterminer si l'inhalation de ces gaz pouvait être nuisible à la santé, avec en perspective, surtout pour Volkswagen, l'invasion du marché états-unien par des véhicules fonctionnant au diesel.

Cette maladresse, pour ne pas dire plus, outre qu'elle va compromettre, peut-être durablement, l'accès à ce marché aux constructeurs allemands, risque de porter un coup fatal au moteur diesel. En effet, certaines municipalités européennes, voire même certains états, envisagent d'interdire la circulation de véhicules diesel dans leur périmètre. Mais se pose immédiatement la question de savoir que faire avec les véhicules en circulation, voitures, camions, ou en cours de production, ou en cours de planification. Va-t-on rediriger de tels véhicules vers des marchés moins "sensibles" (Afrique, Asie, Amérique latine) qui pourraient, une fois de plus, faire les frais des dérapages des pays avancés.

Par ailleurs, pour autant que je sache, il existe au niveau du raffinage du pétrole brut, une proportion relativement fixe des différents carburants que l'on peut extraire. En effet, on ne peut pas produire que de l'essence, on doit aussi extraire des carburants moins "purs". Que va-t-on faire de ces derniers si la demande de ces produits chute?

On dit par ailleurs que l'avenir du moteur thermique est, à vues humaines, certainement compromis. Certains dirigeants (M. Nicolas Hulot) veulent, dans un horizon à deux ou trois décennies, le remplacer par le moteur électriques. Bien. Mais, en même temps, on veut fermer les centrales nucléaires, principales productrices de cette énergie. Malgré toutes les meilleures volontés du monde, les énergies alternatives (éolien, photovoltaïque, hydraulique) seront largement insuffisantes pour alimenter un parc automobile d'une taille considérable.

Par ailleurs, si l'on voulait se lancer dans le tout électrique, se posent des questions très compliquées dont on n'a pas encore trouvé la réponse: les batteries sont très polluantes, tant au stade de leur fabrication qu'à celui de leur destruction. Elles requièrent, pour leur fabrication, des matériaux qui ne se trouvent, en quantités finies, que dans certains pays du tiers monde qui emploient, pour les extraire de leurs gisement, des forces de travail pauvres, mal payées, et souvent trop jeunes.

L'électricité de source hydraulique connaît, quant à elle, d'énormes problèmes de nature financière. Le coût de production dépasse largement celui du marché alimenté par des énergies fossiles, et ne permet pas d'effectuer les indispensables travaux d'entretien sur les installations (barrages, conduites, turbines) au point que les exploitants cherchent désespérément  à s'en défaire.

Comment alors se sortir de ce dilemme inextricable? En attendant la pile à hydrogène (et ce n'est pas pour demain!), il faut absolument réduire la demande d'énergie. Certes, des progrès ont été faits en matière d'isolation des bâtiments, de rendement des moteurs, de récupération de chaleur pour le chauffage des bureaux etc. Mais cela ne suffit pas.

Je pense qu'il faudrait vraiment limiter les déplacements inutiles:les week-end à Barcelone pour 40 francs avec une compagnie low cost, ce n'est plus possible. L'importation de fraises en hiver ou de mandarines en été, en provenance d'Afrique du Sud ou d'Argentine, ce n'est plus possible. Aller chercher son gamin à l'école, à 500m du domicile, avec un 4x4 huit cylindres, ce n'est plus possible! La liste est longue.Mais ce n'est qu'en réfléchissant un peu à l'avenir que nous réservons à nos descendants, au lieu de nous bâfrer d'énergie sans égard pour eux, que nous pourrons gagner du temps pour que la science nous sorte, peut-être, de ce pétrin.

Vladimir Stepczynski 

 

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